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Les deux origines du robot
vendredi 31 août 2007
par Pierres
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Extrait de : « Des Robots à la robotique », Texte de Philipe COIFFET, Directeur de recheche au CNRS.


La machine appelée « robot » est l’héritière de deux courants d’idées longtemps éloignés l’un de l’autre et qui n’ont fusionné que récemment.

L’un de ces courants part du principe que le robot doit se substituer totalement à l’homme dans l’exécution d’une tâche (ou de tâches) pour laquelle (lesquelles) on l’a en quelque sorte programmé. Le rôle de l’homme se limite à ordonner le départ de l’exécution de la (ou des) tâche(s). On parle alors de robot de substitution . Ses ancêtres sont nombreux mais relèvent soit du mythe - comme la femme en or forgée par Vulcain, les golems du Moyen Âge et, en général, les deus ex-machina , quelle qu’en soit la date d’apparition -, soit de la notion d’automate - comme les mécanismes de Vaucanson ou de Jacquet Droz, aux immuables gestes cycliques.

L’autre courant est tout aussi ancien. Il prend sa source dans la notion d’outil, prolongement de l’homme, autorisant ce dernier à exécuter des tâches impossibles ou dangereuses à mains nues. Parmi ces outils, ceux qui conservent les propriétés de manipulation jouent un rôle particulier. C’est ainsi que l’évolution des outils de préhension, c’est-à-dire des pinces, a conduit au robot de coopération. L’étape décisive s’est inscrite entre les deux dernières guerres mondiales, lorsqu’on a pris conscience du caractère terriblement dangereux des produits radioactifs dont il fallait étudier la physique et la chimie. L’amélioration des pinces permettant de travailler à l’abri d’une paroi a conduit à l’apparition des systèmes de téléopération qui sont restés cantonnés dans les applications nucléaires jusqu’après 1970.

Du point de vue de la recherche, la fusion des deux courants a été concomitante de la constatation de deux phénomènes opposés.

Du côté des robots de substitution, utilisés principalement pour la production (robots dits « industriels »), les concepteurs ont pris conscience, dès les premières applications concrètes, qu’on était très loin d’un comportement imitant convenablement le comportement humain, qui se caractérise par une grande capacité à faire face aux perturbations. Cette propriété est issue de la présence chez l’homme d’un cerveau et de capteurs - les sens - très puissants. Dès lors, deux réactions se sont manifestées. La première concerne les tentatives de perfectionnement devant aboutir à des robots dotés de dextérité et « d’intelligence ». Mais la route s’avère très longue pour atteindre en pratique un tel objectif. D’ailleurs, la seconde réaction a conduit à proposer une possibilité d’action de l’homme sur la commande du robot en fonctionnement afin de pallier de temps à autre ses insuffisances. Ce concept se nomme supervision .

Du côté des robots de coopération téléopérés par l’homme, le développement des minicalculateurs puis des microprocesseurs a permis d’adjoindre à l’opérateur humain une sorte de second cerveau l’assistant dans la conduite du système et le soulageant dans l’exécution de quantité de sous-tâches impliquées dans la tâche principale visée. À mesure des progrès réalisés, l’homme se dirige là aussi vers une position de superviseur .

La recherche fondamentale s’applique donc aussi bien aux robots dits « de substitution » qu’aux robots dits « de coopération ». On pense arriver à des résultats concrets à moyen terme en travaillant sur le concept de supervision. Le robot capable d’exécuter seul des tâches complexes dans des environnements mal connus ne sera opérationnel qu’à long terme.


D’après Des Robots à la robotique, Texte de Philipe COIFFET, Directeur de recheche au CNRS.
 

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